Overblog Tous les blogs Top blogs Sport Tous les blogs Sport
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog de Juninho

Coupe Davis ou la schizophrénie d’un franco-suisse

24 Novembre 2014 , Rédigé par Cédric Junillon Publié dans #Suisse

Coupe Davis ou la schizophrénie d’un franco-suisse

En tant que fanatique de tennis, et français également devenu suisse avec les années, j’attendais depuis les quarts de finale cette finale de rêve prévisible pour le saladier d’argent.

Faute d’avoir réussi à choper des billets pour aller bouffer des frites dans une ambiance de feu, c’est donc à Lausanne que j’ai dû regarder cette rencontre entre mes 2 pays.

D’un côté, mon pays de naissance, avec une équipe de 5 gars, tous bons mais qui auraient clairement besoin de se transcender pour espérer gagner contre plus forts, comme cela arrive régulièrement en Coupe Davis. Des types que j’aime bien, même la Monf’ qui m’a pourtant irrité pendant des années, mais qui se révèle attachant quand on creuse.

De l’autre, mon pays d’adoption avec 2 monstres tennistiques : le plus grand talent de l’histoire qui nous fait tous rêver mais qui a pas mal boudé la coupe Davis récemment et Stan(islas), le triomphe du travail et d'un des plus beaux revers du circuit, gars dont je ne sais toujours pas s’il est sympa selon si je me base sur son image publique ou alors sur les histoires de ceux qui le connaissaient d'avant ou l’ont croisé à Lausanne.

Passons sur le WE au niveau sportif car finalement, cela n’a pas eu le moindre intérêt télévisuel avec 4 matchs complètement à sens unique et un Richard Gasquet qui est trop gentil pour être le champion qu’il aurait dû être (sûrement le seul gars à ne pas viser l’homme en double).

La France a été largement dominée comme c’était prévisible. Avoir 6 joueurs dans le Top30, c’est formidable mais pas de chance, une coupe Davis, ça se gagne à 2 (Becker-Stich, Berdych-Stepanek, la liste est longue…), et là, les deux meilleurs étaient clairement helvètes. Quand ces deux-là arrêteront, ce sera un trou noir ici, on aura sûrement presque plus de tennis à la TV suisse, et on n’entendra quasiment plus Marc Rosset au micro, donc profitons de ces 2-3 belles années qui nous restent.

Ce qui m’a plutôt intéressé c’est de vivre ma 1ère finale ici, après en avoir vécu 3 en France. Si j’arborais les couleurs bleues, au final, je savais que je serais content dans les 2 cas. Comme prévu, une ambiance respectueuse et bon enfant dans la fanzone (pas comme pendant les compétitions de foot où montrer qu’on est français peut mener à ce que des inconnus nous emmerdent constamment). À peine 200 personnes devant l’écran géant les vendredis et samedis, c’est décevant, heureusement ce fut nettement mieux le dimanche pour la victoire finale, mais c’est peut-être dû au fait que la TV avait annoncé qu’ils seraient ici ce jour-là.
Mais ce qui m’a vraiment déçu, c’est … le retour des champions pour fêter leur titre ici à Lausanne (une des villes les plus étudiantes de Suisse, et le lieu de débauche de Stan) ! Une grande scène, des stands, une sono géante, des jeux de lumières, tout avait été monté à la perfection (évidemment) en quelques heures et 10 000 personnes avaient répondu présentes en plein lundi après-midi, la fête devait être belle.

Mais là, j’ai compris pourquoi la Suisse a malheureusement la réputation mondiale d’être ennuyeuse (alors qu’il s’y passe pourtant tellement de choses) : on a eu une foule incroyablement passive, se contentant le plus souvent d’applaudir, avec des grands silences, comme si elle attendait qu’on lui dise ce qu’il faut chanter ou qui est censé commencer. Les tennismen ayant l’habitude des foules du monde entier (en tout cas les 2 titulaires parce que Lammer et Chiudinelli, ils ont plutôt l’habitude des stades vides), ils n’avaient pas préparé de chorégraphie pour faire bouger la foule et la fête fut franchement « molle du genou », pliée en quelques minutes autour d’une séance de questions-réponses pour la TV.

Peut-être est-ce dû au fait que tous les supporters les plus enflammés du pays avaient réussi à se procurer des billets par tous les moyens et étaient en train de cuver chez les Ch’tis après avoir enflammé le Stade de Lille pendant 3 jours ?

Heureusement grâce aux prouesses de la technique, on arrivera tout de même à faire croire à la TV que la foule lausannoise était en délire, mais en Espagne, 200 personnes auraient bien plus foutu le feu même si ça aurait sûrement été avec des micros défaillants, aucun service de sécurité et des chinois qui vous vendent des boissons à la sauvette !


Autant je me vois mal vivre dans un autre pays, autant j’ai hâte de repartir me refaire un concert en Amérique du Sud, ou un match de rugby au Pays de Galles pour avoir à nouveau des frissons dans une foule !
On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre : les Suisses sont les meilleurs pour organiser mais un peu d'immigration au sang chaud ne fait pas de mal pour qu'il y ait un peu plus d'ambiance chez nous…

Publicité
Allez Stan, souris, ça se verra pas sur la photo que ya pas de bruit !

Allez Stan, souris, ça se verra pas sur la photo que ya pas de bruit !

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
P
J'apprécie votre blog , je me permet donc de poser un lien vers le mien .. n'hésitez pas à le visiter. <br /> <br /> Cordialement
Répondre
P
Bienvenue en Heidiland! C'est pour ça que j'ai choisi de suivre les matchs dans un bar de dingues (de sport), où ça célébrait chaque point gagné comme un but de Zidane en coupe du Monde, où le patron offrait des tournée de shots après chaque set debout sur le bar avec du Gérard Lenorman à fond, et où, sans surprise, ça a fini à poil devant la gare dimanche après-midi pour les beaux yeux de Fedrinka... http://marcrosset.blogspot.ch/
Répondre
C
Enfin, un des deux puisque lui aussi est schizophrène !
C
On aime le faux Marc Rosset presqu'autant que le vrai !