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Le blog de Juninho

Président-sélectionneur-capitaine : où comment apprendre à donner de son temps et même en retirer du plaisir ?

15 Septembre 2014 , Rédigé par Cédric Junillon Publié dans #Racketlon, #Associatif

En rentrant dans mon premier club de ping à 18 ans (LUC tennis de table) pendant les études à l’EPFL, mon objectif était clair : jouer des matchs, me dépenser et m’améliorer dans ce sport, n’étant finalement que consommateur. Ce n’était qu’un petit club universitaire qui luttait pour sa survie, en manque de membres et de notoriété, lourdement handicapé par le fait que les étudiants (dont moi) ne rentraient sur Lausanne qu’après que le championnat ait déjà commencé depuis 4 ou 5 journées (à l’époque, la rentrée universitaire suisse était mi-octobre). Dur dans ces conditions d’arriver à composer des équipes et ne pas être rayé de la carte, et le club survivait tout juste en faisant appel à ses glorieux anciens, qui se donnaient déjà beaucoup en assumant tous les rôles du comité (président, responsables matériel, trésorier…). Comme le club ne dépassait que péniblement les 6 joueurs minimum pour exister, évidemment on demanda au jeune qui venait d’arriver d’assumer un rôle au comité.
Comme la quasi-totalité des jeunes dans la même situation, j’ai expliqué que ça ne m’intéressait pas, que je n’avais pas le temps (quelle blague avec le recul !!!), et que je voulais bien me « dévouer » pour servir de prête-nom et venir à l’assemblée générale annuelle en trainant les pieds.

Après 3 années de compét’ et malgré ma technique jugée horrible à cause de mes gestes de tennisman, mon niveau était en train d’exploser (de D1 à C7 avec peu d’entrainement et une raquette digne du camping) grâce à Giorgio, l’entraineur à la veille de la retraite (le pendant pongiste de Mickey, le coach de boxe dans Rocky) et au capitaine d’équipe Giancarlo qui restait président, joueur, capitaine (et chauffeur pour étudiants-piétons) bien qu’il soit loin de Lausanne depuis longtemps.

Même si j’apportais sportivement pas mal au club l’aidant à monter de ligue 2 ans de suite alors que je débutais tout juste, celui-ci dut ensuite fermer faute d’effectif suffisant, un an seulement avant que le calendrier universitaire ne soit modifié ce qui aurait pas mal facilité les choses.

Le LUC mettant la clef sous la porte, j’ai trouvé sans problèmes un autre club d’accord de me prendre dans une division encore supérieure et de m’emmener plus haut sportivement, Giorgio a pris sa retraite, Giancarlo est parti jouer dans une division inférieure plus près de chez lui et les autres joueurs ont arrêté ou sont partis ailleurs. Sur le coup, je m’étais dit que c’était la faute au calendrier mais avec le recul, on aurait pu le sauver ce club avec un peu d’engagement que mon niveau de maturité ne permettait pas.

15 ans plus tard, j’ai découvert le Racketlon, y ai participé au plus haut niveau en affrontant les meilleurs, mais surtout ai découvert l’envie de prendre des responsabilités.

Responsable presse-sélectionneur-capitaine-joueur pour la France et son équipe nationale, organisateur de tournoi sur le circuit Suisse, président-trésorier-capitaine-joueur pour le club du Racketlon Club Léman que j’ai fondé, j’ai depuis cumulé les casquettes, par envie que ce magnifique sport soit plus connu.

Le boulot que tout ceci demande est énorme, chacun de ces rôles est différents et les défis qui y sont relatifs sont conséquents mais des plaisirs que je n’aurais jamais soupçonnés sont au rendez-vous.

Le plaisir d'avoir enfin un logo et des maillots, le plaisir que les participants d’un tournoi viennent vous remercier le sourire aux lèvres, le plaisir d’avoir enfin une équipe de France compétitive qui accroche une 5ème place mondiale, le plaisir de fonder un club où la sympathie est le seul critère de recrutement et de voir son nombre de membres augmenter d’année en année, et où chaque rassemblement (et 3ème mi-temps qu’elle soit dans un McDo, une discothèque ou un sauna) est un évènement dont on se réjouit à l’avance. Toute l’énergie que vous donnerez vous sera rendue par des supers rencontres et les bonnes ondes que les gens vous enverront.

Une fois leur retraite prise, les anciens joueurs pro ont tendance à rester dans leur milieu (comme entraineur, agent...), souvent car ils ne connaissent rien d'autre et ont besoin d'un nouveau métier mais aussi car ils ne veulent pas couper les liens avec un monde qu'ils aiment et où ils connaissent beaucoup de monde. À un niveau amateur, donner un peu de soi comme organisateur est aussi un bon moyen de garder contact alors qu'on n'arrive plus à le faire en tant que joueur à cause des blessures, ou qu'on ne veut pas forcément continuer à jouer avec un classement qui baisse au fil des années...

 

 

Si des jeunes sportifs lisent ceci, j’espère que ça leur donnera envie de prendre un peu de leur temps pour construire quelque chose car ce sera plus facile qu’une fois qu’ils auront un vrai boulot, des enfants, etc. Petit bonus : ça aide aux entretiens d’embauche, soyez sûrs qu’on verra en vous quelqu’un de dynamique et organisé !

 

 

Mais de mon côté, le but de ce billet est surtout d'exorciser le fantôme du LUC, rendre à Giorgio & Giancarlo un hommage bien mérité et remercier ma super équipe du RC Léman d’avoir accroché la 5ème place de la Ligue des Champions la semaine dernière à Vienne, pas mal pour un petit club suisse romand parti de rien il y a 4 ans.

 

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