Open de Malte : double impact !
Cela fait des mois que je prenais la plume pour des sujets plus importants (attentats, réfugiés…), mais la qualité de mes écrits n’ayant jamais franchi mon seuil qualitatif de censure, cet article revient à un sujet plus facile : mon retour sur le circuit international de Racketlon !
Après un an sans entrainement si ce n’est du physique pour rester en forme, la douleur au genou a disparu (pour l’instant) et l’envie de revenir se frotter aux meilleurs était là. Mais avec les années qui passent, un agenda toujours plus chargé et mon corps qui montrait de vrais signes d’usure, un changement de cap était impératif :
1) Ayant quitté mes équipes dans chacun des sports, jouer demande plus d’organisation (trouver partenaire adapté et créneau horaire), alors cibler la qualité : quelques cours privés de badminton pour travailler sur mes lacunes et sinon viser uniquement des sessions de bon niveau.
2) Ne trouvant que difficilement du temps pour m’entrainer, autant en tirer parti : arriver sur les tournois sans aucune blessure. Les heures libres sont avant tout consacrées au physique, les étirements sont une priorité et le moindre bobo entraine une mise au repos complète. Ne plus se démener pour jouer quand on n’a pas le temps, que ce soit « pour faire plaisir à quelqu’un » ou alors « pour dépanner une équipe », ce qui a parfois mené dans le passé à 2-3 entrainements & matchs dans la même journée !
3) Ne plus disputer les 3 catégories sur un même tournoi (simple, double et double mixte). Ça implique de devoir dire non à des gens qu’on aime beaucoup pour un moment privilégié et sportivement intéressant. Frustrant à chaque demande mais indispensable.
En résumé : il faut apprendre à dire non… aux autres comme à soi-même !
Et ce début de retour confirme la bonne orientation choisie : 11ème à l’Open d’Allemagne, 5ème à l’Open Suisse et 11ème dans le Tournoi du Grand Chelem en Angleterre.
Ce WE, c’était l’Open de Malte où le n°1 mondial Jesper Ratzer (le nom doit commencer à vous parler) avait trouvé sympa l’idée qu’on joue un double ensemble. Depuis 2 ans et demi, le gars est invaincu en simple et n’a perdu qu’un double hommes et 3 doubles mixtes, autant dire que si on ne repart pas avec le trophée sous le bras, le coupable est tout trouvé… c’est Bibi !
Heureusement, l’alchimie sur le terrain a été immédiate et ce tournoi de double fut une véritable boucherie et je remportais mon premier Tournoi sur le grand circuit, sans même que l’on ait à sortir la raquette de tennis !
Au badminton, la différence de niveau était si grande entre nous que j’étais prêt à jouer le rôle de la fille en mixte mais Ratzer m’a dit que j’étais quand même pas si nul que ça (venant d’un danois, c’est un sacré compliment), et au final, c’était enfantin dans cette configuration où comme par magie, tous les volants qui m’arrivaient étaient faciles à jouer.
Après un tournoi de double pareil, le physique comme le moral étaient au beau fixe, et c’était l’heure de la confirmation en simple où pour une fois, malgré mon statut de "non tête de série", le tirage au sort m’était favorable puisque je n’étais pas dans la même moitié de tableau que l’ennemi public n°1 !
En 1/8èmes, j’écartais sans briller un adversaire (n°72) encore un peu tendre pour le tableau des cadors, avant de devoir livrer une grosse bataille en 1/4 contre la tête de série n°3, le très costaud Jordan. Me sachant plus fort au tennis, il me fallait y arriver sans être à la traine, ce que je réussis en prenant le dessus mentalement, ayant remporté de haute lutte les 3 premiers sports : 21-19, 21-19, 23-21. Dépité de se retrouver à -6 avant le tennis, le colosse a baissé les bras me permettant de jouer relâché pour un score au final assez large mais trompeur quant à l’âpreté de la bataille.
Les jambes accusaient un peu le coup, mais le mental était bien là pour affronter en demies le suédois Söderlund (n°28), une valeur sûre du circuit qui restait sur un podium en Suisse. Après 3 premiers sports acharnés, je me retrouvais avec un petit +3 pour jouer le tennis en session de nuit. Étant meilleur tennisman que mon adversaire, la situation était rêvée, il me fallait juste y marquer 19 points… c’était sans compter sur l’horrible crispation du bras quand on joue du Tennis de Racketlon, où on ne supporte tellement pas de faire la moindre faute directe que ça en devient un autre sport. La tension était telle en fond de court que j’arrivais à peine à respirer, dans un combat de décalage de coups droits et de revers slicés qui me faisait mal au cœur. Le salut passait souvent par le filet pour tenter d’abréger les souffrances tant tirer un passing semblait insurmontable. À 17 partout, le suédois veut profiter d’une balle courte, son coup d’attaque prend la bande. 18-17 pour moi, 4 balles de match, je peux enfin respirer, et conclure ce calvaire exquis au point suivant en lâchant quelques coups et me qualifier pour ma première finale en simple sur le Circuit !
Le corps et les nerfs sont à bout, c’est l’heure des étirements devant le match de rugby qui voit les Wallabies éliminer les Anglais à domicile (décidément mon jour de chance !) et de rentrer me reposer pendant que les autres se préparent à sortir en ville à la soirée des joueurs… Ça fait tout drôle d’être encore qualifié à ce moment-là du tournoi et de devoir rentrer sagement, mais bon, je pense que je pourrais m’habituer !
Les résultats étant en ligne quasi instantanément, c’est énormément de messages de sympathie que je reçois sur le téléphone quand j’arrive à l’hôtel… Mais en les lisant, on comprend très vite que cette finale sent le roussi : « Bravo pour ton tournoi » « Fais-toi plaisir demain » « Essaie de le faire sortir sa raquette de tennis » « Tu as bien mérité d’aller à la Player’s Party »… En gros, à part une exception (qui se reconnaîtra), tous les messages me rappellent gentiment que j’ai mangé mon pain blanc, et que demain face à Ratzer, ce sera une autre limonade.
Et le jour J, sûrement à cause d’un peu de nervosité, je rate complètement mon début au ping-pong, me retrouvant mené 4-11, la messe est dite. Je me relâche, commence à prendre du plaisir, envoie des grosses chiches, et arrive à retourner la situation pour gagner 21-19. L’honneur est sauf, mais c’est bien clair que je ne verrai pas le terrain de tennis.
Je joue très bien le bad et, vu ma fatigue, plutôt bien le squash mais repart avec 6-21 et 7-21, un tarif habituel pour les joueurs du circuit dans ces sports face au bestiau.
Un squash qui m’aura laissé un souvenir marquant de plus : la trace de sa raquette sur mon mollet… Il aurait fallu qu’il le refasse et sois disqualifié pour qu’une surprise ait lieu !
Or en double et Argent en simple, deux bonnes raisons d’écumer les bars maltais le dimanche soir, et une motivation décuplée pour la suite !!! Merci à tous pour le soutien et à bientôt pour d’aussi bonnes nouvelles j’espère !
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