Le sourire des médaillés
Incroyable mais vrai, j’ai fait un podium en simple sur le circuit international de Racketlon, à domicile en plus, à l’Open de Suisse ! La photo du podium a déjà eu pas mal de succès sur Facebook depuis le WE précédent, mais je me devais de mettre un petit mot ici pour ceux qui ne fréquentent pas le site du grand Satan, ce n’est pas tous les jours que ça arrivera.
Avec une 4ème place en double hommes comme montée en puissance (avec Magnus, mon super-viking de partenaire qui remporta le tableau B), le tournoi était lancé et j’avais un esprit de revanche pour les simples après cette « place du con ». Bénéficiant d’un statut de tête de série et d'un tableau favorable, j’ai pu arriver en demies sans avoir puisé dans les réserves (merci à la masseuse du tournoi !) alors que d’ordinaire je suis déjà en train de jouer les matchs de classement en étant dans le dur physiquement. Certaines mauvaises langues diront aussi que mon état de relaxation venait du fait que j'étais chaleureusement logé au dernier étage d'un bordel dans le quartier chaud de Zürich et non à l'hôtel des joueurs comme c'est le cas d'habitude.
En 1/2, j’affrontais l’autrichien Dickert, 8ème mondial, simplement trop fort même si j’ai fait un bon match, étonnant d’ailleurs au passage arbitres et spectateurs au squash avec mon désormais célèbre coup entre les jambes. Ce même arbitre fut d’ailleurs plongé dans la perplexité lorsque mon adversaire se prit la balle dans le dos car il était dans le chemin (et évidemment, moi de dos, je ne l’avais pas vu), mais décida de lui donner le point, jurisprudence fortement discutée par tous les spécialistes de squash présents, chacun ayant un avis différent.
Ma dernière chance d’attraper une médaille passait donc par un gros combat pour la 3ème place contre l’Allemand Neidhardt, 25ème au classement, un habitué des places d’honneur avec les mêmes forces et faiblesses que moi. Et au niveau combat, personne ne fut déçu avec une lutte acharnée dans chacun des 4 sports, et un final en apothéose pour moi qui ai brutalement retrouvé mon meilleur niveau de tennis au moment où j’en ai eu le plus besoin, score final : 21-17 (ping) / 22-20 (bad) / 14-21 (squash) / 21-9 (tennis) [+11 au total].
À cause de ce tennis de rêve et des 13 balles de match à ma disposition pour en finir, j’ai eu trop de marge pour avoir le stress qui m’aurait fait pêter les plombs au moment de la victoire, en me roulant par terre, en hurlant ou je ne sais comment j’aurais réagi… Je suis resté un peu trop suisse me contentant d’un poing levé, mais sur le podium, c’était clairement moi le plus heureux des 3 car je sais que je n’aurais probablement plus l’occasion d’y revenir.
S’il est toujours préférable de finir 2ème que 3ème au niveau du prize money, des points ou du prestige, au moment de la remise des prix, le médaillé de bronze se réjouit toujours de la place qu’il vient d’arracher alors que le finaliste malheureux rumine sa défaite toute récente en se remémorant les points qui lui ont coûté la gagne et ce qu’il aurait dû faire mieux.
Autant vous dire que tout le trajet du retour, j’avais le sourire scotché au visage, et rien n’aurait pu l’enlever. La seule différence avec la joie d’un Djokovic qui a triomphé dimanche à Wimbledon, c’est que lui, il n’a pas besoin de faire 2 lessives en rentrant et mettre son réveil à 7h du mat’ pour aller au turbin le lendemain matin…
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