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Le blog de Juninho

L'IRM ou le bonheur de la médecine moderne

27 Août 2013 , Rédigé par Cédric Junillon Publié dans #Médecine

L'IRM ou le bonheur de la médecine moderne

Au retour de championnats du monde par équipes réussis (avec une 6ème place pour la France, meilleur résultat jamais obtenu, le tout dans une ambiance d’équipe incroyable), il était temps pour la momie de se faire ausculter encore une fois ce douloureux poignet. Aux grands maux les grands remèdes, mon médecin du sport (que je vois plus souvent que mes parents en ce moment) me prescrit une IRM pour voir l’état du ligament.

Alors moi qui n’avait encore jamais eu la « chance » d’expérimenter ça, voici l’essentiel de « L’IRM pour les nuls », soit les chanceux qui n’en ont jamais eu besoin :

  • IRM = Imagerie à Résonance Magnétique. Un gigantesque anneau contenant un aimant produisant un champ magnétique qui sert à prendre des images à 360° de la partie du corps que l’on souhaite examiner
  • N’importe quel footballeur de 4ème division anglaise va en passer au moins une par an s’il a un orteil qui le démange, mais rappelons quand même que la machine coûte 1-2 millions et donc que selon les systèmes de santé et d’assurance, on peut bien imaginer que dans certains pays (qui a dit « USA » ?!), le malade attendra que sa main tombe pour voir ce qui se passe dedans. Même si le système de santé est bon ici en Suisse, j’appréhende quand même l’arrivée de la facture !

Alors me voici en blouse, et on m’explique à quelle sauce on va me manger, réjouissant programme :

  • Je serai allongé sur un lit, la main gauche enfermée dans un moule en plastique dur, le bras légèrement surélevé par des coussins, tendu en avant au milieu de l’anneau
  • Il ne faut absolument pas bouger, même les doigts car cela rendra les images floues et il faudra donc prolonger la séance d’autant
  • La séance durera 20mns (temps réglementaire, auquel on risque d’ajouter des prolongations), il faut rester concentré pour être sûr de ne pas bouger, mais bon, j’ai quand même un gros bouton rouge à portée de la main droite si jamais je venais à craquer, et on pourrait interrompre la séance pour que je me détende. Évidemment, la perte de temps serait conséquente pour me sortir de là, faire une pause et me réinstaller, et je me dis fièrement que ça doit être pour les mémés, pas pour moi et que ce sera juste un entrainement mental.
  • La machine fait énormément de bruit, c’est irritant mais il faut tenter de ne pas trop y faire attention et heureusement, on va me mettre un casque sur les oreilles pour diminuer la nuisance.

Donc me voici en position Superman / Buzz l’éclair (assez inconfortable. parenthèse interactive : vous pouvez essayer chez vous sur le canapé), on m’installe un casque bien rembourré sur les oreilles, et tout le monde s’en va, me laissant seul comme un pestiféré.

C’est là que les choses vont se gâter fortement et je regrette de n’avoir pas pensé à cette question pourtant évidente : va-t-on me mettre de la musique dans le casque (et si oui, ai-je mon mot à dire sur la programmation musicale) ?!

Malheureusement le mal est fait et c’est la voix de Céline Dion qui s’abat sur mes tympans comme la vérole sur des vacanciers à Pattaya et je réfrène in extremis la violente pulsion d’appuyer instantanément sur le gros bouton rouge (ravivant de douloureux souvenirs de Questions pour un Champion).

Alors que la machine commence à se mettre en marche, le vacarme au-dessus de ma tête est assourdissant, alternant bruits de monte-charge et bourdonnement violent de sabre laser. Nul besoin de préciser que ce remix hardcore n’améliore pas la chanson.

L’espoir que la prochaine chanson soit d’AC/DC n’est pas d’actualité mais je serre les dents, de toute façon, je ne trouve rien qui pourrait être pire que Céline Dion. Effectivement, ce ne sera pas pire… ce sera simplement constant, tel le supplice de la goutte d’eau, puisque que c’est le Best Of de la Canadienne que le technicien mélomane a décidé de m’infliger !

Au bout de 2 ou 3 chansons (avec les basses à 500BPM, on ne sait plus quand elles commencent et elles finissent), je commence à réaliser que ce sera peut-être plus difficile que prévu de ne pas bouger la main puisque je ne sens plus rien, le sang ne doit plus trop circuler là-bas dedans ! Il faut utiliser tout son influx pour se forcer à appuyer la main contre le bas du moule, en espérant que c’est bien ce qui se passe vu que le sens du toucher a disparu.

Là, je ne me fais plus trop d’illusion, l’arbitre va forcément rajouter du temps additionnel et je fais le dos rond telle l’équipe de foot réduite à 9 et qui doit tenir le score pendant une mi-temps entière, jusqu’à la libération, le coup de sifflet final au bout des 6 minutes de temps supplémentaire où mes supporters (les 2 techniciens, le docteur s’étant évidemment éclipsé depuis longtemps) viennent me libérer ; je les accueille avec la gratitude d’un survivant d’avalanche face à des St-Bernard !

Après cet intense moment d’émotion et de fraternité, je n’aurai besoin d’attendre qu’une semaine pour le verdict : « le ligament est juste un peu irrégulier, ça ne sert à rien d’opérer, vous pouvez jouer avec la douleur, ça n’empirera pas ».

Un poil moins technologique, c’est peut-être le cataplasme de boue à Mémé qui fera avancer le schmilblick finalement !

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Calice, l'est formidable mon René !

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